Intrigue
La mère d’une jeune fille de 16 ans a un amant.
Elle pense que sa fille et le père de celle-ci ne se doutent de rien.
Au bar, elle avoue à son amie Claire qu’il y a un autre homme dans sa vie. Elle ne sait pas encore comment les choses vont évoluer. Elle retourne auprès de son amant.
La mère rentre tard à la maison, le père est soupçonneux. Alors qu’elle laisse son téléphone portable à portée de main, il y découvre des messages d’amour échangés entre elle et son amant.
Le père se saoule au bar. Une dispute éclate.
La mère annonce à son amant qu’elle s’est séparée.
Les parents se rassurent mutuellement en évoquant leur volonté de ne pas perdre l'autre et la nécessité de penser à leur enfant. Mais leur fille ne souhaite absolument pas que ses parents restent ensemble pour elle…
Distribution
Distribution
Direction musicale Josephine Korda
Mise en scène Deborah Epstein
Décors et costumes Florian Barth
Conception lumière Michael Nobs
Dramaturgie Meike Lieser
Assistance à la mise en scène et régie de plateau Damien Liger |
Larissa Copetti-Campi
Répétiteur·ice Riccardo Fiscato | Clémence Hirt
Die Mutter Marion Grange
Der Vater Wolfgang Resch
Der Geliebte Conor Prendiville
Die Tochter Anna Beatriz Gomes
Die Freundin Claire Josy Santos
Der Barkeeper Konstantin Nazlamov
Orchestre Symphonique Bienne Soleure TOBS!
Technique
Technique
Directeur technique Günter Gruber
Responsable des décors et des ateliers Vazul Matusz
Responsable atelier couture Steffi Rehberg
Responsable technique Adrian Schubert
Menuiserie Steven McIntosh | Raphael Schärer
Atelier peinture Daniel Eymann (Responsable)
Atelier décoration Clarina Naef
Maquillage et perruques opéra Sandra Widmer (Responsable) | Miriam Krähenbühl
Accessoires Simon Kleinwechter (Préparation) | Arno Jäger (Représentations)
Atelier couture Christine Wassmer (Adjointe Admininistrative) | Catherine Blumer | Nathalie Zürcher (Tailleures dames) | Janine Bürdel | Sarah Stock (Tailleures hommes) | Katrin Humbert | Dominique Zwygart (Tailleuses)
Habilleuses Lara Studer | Museng Fischer | Pascale Berlincourt | Verena Graber
Chef de plateau Bienne Samuele D'Amico
Chef de plateau Soleure Rémy Zenger
Agencement technique Antoine Camuzet
Son et vidéo Matthias Daprà
et toute l’équipe technique TOBS!
Responsable doublure lumière Michèle Péquegnat
Configuration surtitres Martha Roquet
Relecture surtitres Meike Lieser | Béatrice Schmidt
Conduite des surtitres Valentina Lisa Bättig | Martha Roquet | Stephan Ruch | Meike Lieser
Les décors ont été réalisés dans nos propres ateliers.
Interview avec Christian Henking
«Matériaux sonores superposés»
Comment s’est déroulée la collaboration avec Thomas Meyer?
J’ai contacté Thomas, nous nous sommes rencontrés et il a accepté d’écrire un livret pour l’opéra. Au début, notre collaboration a été très étroite. Le livret comportait initialement quelques scènes presque thérapeutiques, que nous avons toutefois supprimées par la suite. De plus, le rôle de la fille a été étoffé – c’est pour moi personnellement, le personnage le plus important de l’opéra. Une fois la version préliminaire établie, j’ai travaillé de manière autonome, en bénéficiant d’une certaine liberté pour supprimer des mots, réorganiser des phrases, etc.
Vous écrivez sur votre site web trennteuch.ch que vous concevez trois espaces à l’aide de techniques, de timbres et d’instruments différents. Les personnages se distinguent-ils également sur le plan musical?
Il y a plusieurs niveaux. D’une part, il y a des matériaux sonores qui appartiennent à une seule personne, comme la chanson que la fille ne cesse de chanter, ou la phrase «Qu’est-ce qui se passe?» de Claire. Ils font office de marqueurs, mais caractérisent également le personnage concerné. D’autre part, il y a des matériaux sonores qui appartiennent à deux personnes, comme la cantilène d’amour de la mère et de son amant. Enfin, il y a le soupir «Hélas!», qui est chanté de manière presque identique par plusieurs personnages. Il parcourt en quelque sorte l’opéra et s’attache tantôt à un personnage, tantôt à un autre: c’est un stéréotype, une formule. Je travaille donc aussi bien avec des caractérisations individuelles qu’avec des clichés.
À titre d’exemple, vous mentionnez une allusion au motif du désir dans «Tristan et Isolde» de Wagner.
Oui, le motif du désir est ici un symbole de dysfonctionnement. Il relève du kitsch et c’est précisément ce qui le désacralise. Dans l’histoire de la musique, il est cité de temps à autre, par exemple dans la «Suite lyrique» d’Alban Berg, où il est pris très au sérieux, ou dans «Children’s Corner» de Claude Debussy, où il est traité avec ironie. Dans mon opéra, ce motif est en quelque sorte comme un parfum ou un tissu de soie, deux choses que Wagner aimait tant: quelque chose d’artificiel, de forcé, d’exagéré. D’ailleurs, dans le court prélude, le motif wagnérien naît d’une métamorphose. À partir d’un accord grave, dense et à peine audible, le motif du désir se dessine lentement, s’élève progressivement et devient de plus en plus distinct, jusqu’à retenir finalement, au point culminant du prélude, dans sa version originale, mais avec une voix supplémentaire.
Dans quelle mesure le fait que le livret soit déjà achevé influence-t-il le travail de composition?
J’ai composé le prélude avant même que le livret ne soit achevé. Cela a été possible car il m’apparaissait clairement dès le départ que je souhaitais traiter les scènes d’amour entre la mère et son jeune amant à l’aide du motif wagnérien mentionné. En revanche, je ne pouvais ni ne voulais composer le reste avant d’avoir pris connaissance du texte dans son intégralité. Sans cela, il n’aurait pas été possible de structurer l’œuvre, notamment de concevoir individuellement les trois espaces sur le plan musical ou d’organiser les courts morceaux en solo ou en duo après chaque scène. Pour «Figaro¿», il y a douze ans, les choses se sont passées différemment: à l’époque, l’auteur avait pris du retard et j’avais été contraint de mettre en musique une œuvre dont je ne connaissais pas la fin. C’est possible, mais ce n’est pas l’idéal. Mon expérience d’accompagnateur de films muets m’a alors été utile: la musique peut à tout moment prendre un tournant que l’on n’avait pas prévu.
Dans «Trennt euch!», il m’est toutefois arrivé à plusieurs reprises, bien que connaissant l’intégralité du livret, d’avoir, au sein même d’une scène, l’impression d’être un accompagnateur de film muet. Une structure préétablie a alors dû être rompue pour diverses raisons, sans que cela donne pour autant l’impression d’une rupture. Un phénomène similaire se produit dans le cinéma muet lors d’un changement de plan rapide que la musique doit accompagner. La musique ne passe alors pas brusquement d’un côté à l’autre, mais évolue de manière organique et fluide.
À propos du livret de Thomas, j’aimerais ajouter ceci: il semble très simple, les phrases sont courtes et sobres, et il renonce aux descriptions trop développées. On y lit ainsi «Alles ist gut (Tout va bien)», «Mir geht es gut (Je vais bien)», «Die Pizza ist gut (La pizza est bonne)», etc. Mais cela m’offre, en tant que compositeur, une immense liberté pour mettre en musique le mot «gut (bien)» de manière toujours différente, le mettre en lumière ou le nuancer. Lors de la composition de mon premier opéra pour le Théâtre municipal de Berne, «Léonce et Léna», d’après Georg Büchner, ce langage unique, coloré, incisif et d’une précision microscopique m’avait presque submergé. C’était un langage qui, en réalité, n’avait plus besoin de musique. Le livret de Thomas, en revanche, a besoin de musique. Et ce n’est pas une faiblesse, mais une force du texte.
Christian Henking
Compositeur
Christian Henking est né en 1961 à Bâle. Après avoir obtenu sa maturité à Berne, il étudie la théorie musicale auprès de Theo Hirsbrunner et la direction d’orchestre auprès d’Ewald Körner au Conservatoire de cette même ville. À partir de 1987, il poursuit des études de composition auprès de Cristóbal Halffter, Dimitri Terzakis et Edison Denisov, ainsi que des master classes auprès de Wolfgang Rihm et Heinz Holliger.
Christian Henking a reçu plusieurs prix de composition, notamment le Prix de la culture de la Fondation Bürgi-Willert, qui lui a été remis par Heinz Holliger en 2000, le Prix de reconnaissance du Canton de Berne en 2002 et le Prix de la musique du Canton de Berne en 2016.
Son œuvre comprend de nombreuses pièces de musique de chambre et de musique vocale pour diverses formations, des œuvres orchestrales et de la musique de scène, dont l’opéra «Leonce und Lena», d’après Georg Büchner. En 2014, il compose pour TOBS! son opéra «Figaro¿», sur un livret de Raphael Urweider et des textes du rappeur Greis. La production est ensuite invitée au prestigieux Armel Opera Festival, en Hongrie.
Christian Henking a enseigné la composition, les matières théoriques et la musique de chambre à la Haute école des arts de Berne, où il était professeur. Ses œuvres sont publiées aux éditions Müller & Schade / Edition Kunzelmann.
Parallèlement à la musique, il se consacre également à la photographie. Avec la photographe Anita Vozza, il dirige OHHO, une serre créative à Bienne.
Extrait de trennteuch.ch (Christian Henking)
(Traduction à partir de l’allemand)
Trois espaces de vie sont représentés sur scène: la chambre de l’amant, où la mère et son amant se retrouvent; le salon familial, où la vie de famille devient de plus en plus oppressante; et le bar, où règne une apparente gaieté. La musique de Henking façonne ces trois espaces à l’aide de différentes techniques, de timbres et d’instruments variés. La musique «sait», pour ainsi dire, où se déroule l’action à chaque instant. Cela commence par le choix du tempo – chaque espace a «son» tempo –, se poursuit avec celui des instruments (chaque espace possède ses «instruments dominants», qui agissent comme une couche de couleur de fond qui lui est propre), puis se traduit enfin par le recours à divers procédés de composition. Ainsi, dans la chambre de l’amant, surgit une réminiscence engluée, pour ainsi dire désacralisée, du motif du désir tiré de «Tristan et Isolde» de Wagner: une citation depuis longtemps galvaudée, qui souligne ici le vide et la superficialité de la relation entre la mère et son amant. Dans le salon familial, la musique bascule dans une écriture en quarts de ton presque désorientée, tandis que le piano électrique, utilisé comme un clavecin, semble jouer à côté de l’orchestre dans un accordage «Pure Major» (mais selon une écriture très chromatique). On a l’impression que les murs se déforment. Enfin, au bar, domine une musique évoquant les chansons, les valses et les chants à boire.
Cette distinction claire entre trois strates musicales vacille lorsque, au milieu de l’opéra, des actions se déroulent simultanément dans les trois pièces et au-delà…
Thomas Meyer en entretien avec Meike Lieser
«C’EST bel et bien drôle!»
Votre parcours est très varié: ouvrages pratiques et réflexifs, livres pour enfants, romans, scénario, initiatives contre l’antisémitisme et bien d’autres choses encore. Comment êtes-vous devenu librettiste d’opéra?
Thomas Meyer: Pour une fois, c’est quelque chose pour lequel on m’a directement sollicité. Je ne savais même pas que l’on écrivait encore de nouveaux opéras.
Comment vous est venue l’idée de cette histoire en particulier?
Après avoir écrit le livre «Trennt euch!», j’ai reçu des milliers de courriels à ce sujet. J’en avais déjà longuement discuté avec mon entourage. Il ne m’a pas été difficile de construire un scénario à partir de tous ces témoignages.
Avez-vous soumis à Christian Henking un texte déjà rédigé, ou avez-vous conçu l’œuvre ensemble, dans main dans la main?
Christian est un type formidable, un geek comme moi et quelqu’un de très agréable. J’ai écrit le texte moi-même, mais Christian m’a très bien guidé tout au long du processus. Je n’avais encore jamais fait quelque chose de ce genre.
Et apparemment, cela vous plaît qu’on en fasse quelque chose de drôle.
Je trouve ça génial que ce soit drôle, je pense qu’on pourrait même y aller encore plus fort. Ça reste, comment dire, assez sérieux. Moi, je me lâcherais complètement. C’EST censé être drôle, après tout! C’EST bel et bien drôle, d’ailleurs!
C’est justement parce que c’est fondamentalement triste que l’humour fonctionne si bien. On rit, un peu méchamment, du chagrin des gens.
Ha ha, oui! Mais on rit aussi de ses propres chagrins. Oui, j’en suis vraiment ravi. Personnellement, je trouve la musique un peu trop dissonante. Mais je trouve que ça fonctionne. C’est un travail colossal, mais le résultat est très réussi. Je suis super content! Ça va être drôle.
Thomas Meyer
Livret
Thomas Meyer est né à Zurich en 1974. Après avoir abandonné ses études de droit, il travaille comme rédacteur publicitaire et commence à écrire pour des magazines. En 2012 paraît son premier roman, «Wolkenbruchs wunderliche Reise in die Arme einer Schickse», adapté au cinéma en 2017 (titre français: «Le formidable envol de Motti Wolkenbruch») et devenu la première production suisse acquise par Netflix. Le livre raconte l’histoire d’un jeune Juif orthodoxe zurichois qui tombe amoureux d’une jeune fille non juive. En 2017, Thomas Meyer publie «Trennt euch!» (Séparez-vous), un guide dans lequel il invite à mettre fin aux relations qui ne nous font pas de bien. Ce livre a fortement polarisé les opinions, car il va à l’encontre de la morale courante. Depuis 2024, Thomas Meyer travaille comme enseignant du secondaire.
Rusalka
Rusalka
Opéra en trois actes
Musique d’Antonín Dvořák
Livret de Jaroslav Kvapil
Version de chambre de Marián Lejava
Création de la version de chambre: 30 octobre 2014, Théâtre municipal Bienne
(dans le cadre du festival «Rêves tchèques / Czech Dreams»)
Direction musicale: Kaspar Zehnder
Mise en scène: Daniel Pfluger
Herzog Blaubarts Burg / Le Château de Barbe-Bleue
Herzog Blaubarts Burg / Le Château de Barbe-Bleue
(A kékszakállú herceg vára)
Opéra en un acte
Musique de Béla Bartók
Livret de Béla Balázs
d'après un conte des frères Grimm
Version de chambre d'Eberhard Kloke
Création de la version de chambre: 14 février 2020, Théâtre municipal Bienne
Direction musicale: Kaspar Zehnder
Mise en scène: Dieter Kaegi
Impressum
Impressum
Droits de représentation:
Müller & Schade Verlag
Éditeur:
Théâtre Orchestre Bienne Soleure TOBS!
www.tobs.ch
Saison 2026/27
Programme n° 2
Directeur général: Dieter Kaegi
Directeur adjoint de l’opéra: Francis Benichou
Textes: Deborah Epstein (Extraits de l'entretien de conception),
Christian Henking (trennteuch.ch), Meike Lieser
Rédaction: Meike Lieser
Traduction française: Isabelle Wäber
Relecture: Béatrice Schmidt
Layout: Aline Boder
Création: Republica AG
Photos des générales piano et orchestre des 19 et 20 octobre 2026: Joel Schweizer
Choix des photos: TOBS!
Octobre 2026
Tous les textes sont des contributions originales pour ce programme.
Les interviews avec Christian Henking, Thomas Meyer et Josephine Korda ont été réalisées par Meike Lieser du 21 au 28 septembre et le 7 octobre 2026.
Références bibliographiques (sélection):
Thomas Meyer: Trennt euch! Ein Essay über inkompatible Beziehungen und deren wohlverdientes Ende. Salis Verlag, ein Imprint der Elster & Salis AG, Zürich 2017
Theo Hirsbrunner: Der Komponist Christian Henking. Dans: Dissonance. Revue musicale suisse pour la recherche et la création (version allemande). N°. 55, février 1998, p. 4-9. Gümligen 1998
trennteuch.ch
Pour des raisons de droits d’auteur, il est interdit de faire des photos et des enregistrements audio et vidéo pendant les représentations.
Les affiches de la production peuvent être achetées à la caisse du théâtre.
Nous nous réjouissons de recevoir vos remarques et vos commentaires sur la mise en scène: direction[at]tobs.ch.



